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300 millions d’emplois menacés par l’IA

Découvrez comment l'automatisation et l'IA redéfinissent le marché du travail, les métiers menacés et les nouvelles opportunités d'emploi.

300 millions d’emplois menacés par l’IA : ce que les chiffres de Goldman Sachs (et des autres) révèlent vraiment

Chaque mois ou presque, un nouveau rapport promet la fin du travail tel qu’on le connaît. Goldman Sachs, le Fonds monétaire international, le Forum économique mondial, le cabinet PwC : les plus grandes institutions économiques de la planète se sont toutes penchées sur l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi, et leurs conclusions donnent le vertige. Mais derrière les gros titres anxiogènes, que disent réellement les chiffres ? Et surtout, que doivent en retenir les professionnels de la tech, des télécoms et de la maintenance informatique, en première ligne de cette transformation ? Décryptage, données à l’appui.

Découvrez comment l'automatisation et l'IA redéfinissent le marché du travail, les métiers menacés et les nouvelles opportunités d'emploi.

Avant de céder à la panique ou, à l’inverse, de balayer le sujet d’un revers de main, il est utile de comparer ces études entre elles. Chacune a sa méthodologie, son échantillon et son horizon temporel, mais toutes racontent, d’une manière ou d’une autre, la même histoire : celle d’un marché du travail en pleine recomposition, où certains métiers reculent pendant que d’autres explosent.

Goldman Sachs sonne l’alarme sur l’emploi et l’IA: la note qui a fait trembler Wall Street

Tout commence en 2023, avec un rapport de la banque d’affaires Goldman Sachs qui marque durablement les esprits. Le constat est brutal : l’intelligence artificielle générative pourrait affecter jusqu’à 300 millions d’emplois à temps plein aux États-Unis et en Europe. Dans le détail, les économistes de la banque estiment qu’environ un quart des tâches professionnelles actuellement réalisées pourrait être automatisé par l’IA si la technologie tient ses promesses.

Tous les métiers ne sont pas égaux face à ce bouleversement. Dans la zone euro, les fonctions administratives et de support arrivent en tête des postes exposés, suivies par les métiers qualifiés comme le juridique, puis les postes techniques et les fonctions de direction. À l’inverse, les métiers manuels, en extérieur ou nécessitant une présence physique constante, résistent nettement mieux à la vague.

Goldman Sachs ne s’arrête pourtant pas au constat alarmiste : la banque table aussi sur une hausse de 7 % du PIB mondial grâce aux gains de productivité, et rappelle que dans son scénario central, seuls 6 à 7 % des travailleurs seraient réellement déplacés sur dix ans. Les créations d’emplois liées aux infrastructures de l’IA elle-même, centres de données, réseaux électriques, câblage, viennent d’ailleurs compenser une partie du choc. Rien qu’aux États-Unis, environ 500 000 postes devraient être créés d’ici 2030 pour répondre à la demande en électricité et en data centers, un mouvement dans lequel des opérateurs télécoms locaux jouent déjà un rôle croissant, en répondant à la demande explosive de connectivité que ces nouvelles infrastructures exigent.

Le FMI enfonce le clou : un tsunami pour 40 % des emplois de la planète pourrais être supprimé par les robots et l’IA

Si Goldman Sachs a donné le ton, le Fonds monétaire international a repris le sujet avec une intensité redoublée. Sa directrice générale, Kristalina Georgieva, a martelé le même message à plusieurs reprises devant le Forum économique mondial de Davos : l’intelligence artificielle va toucher environ 40 % des emplois dans le monde, et jusqu’à 60 % dans les économies avancées comme la France, les États-Unis ou le Royaume-Uni. Dans les pays à faible revenu, l’exposition tombe à 26 %, un écart que l’institution juge elle-même préoccupant pour les inégalités mondiales.

Le FMI insiste toutefois sur une nuance essentielle : être exposé à l’IA ne signifie pas automatiquement perdre son emploi. Pour environ la moitié des postes concernés, l’IA vient renforcer la productivité du salarié, avec à la clé de meilleurs revenus. Pour l’autre moitié, en revanche, la technologie pourrait exécuter directement des tâches jusqu’ici confiées à des humains, avec un risque de baisse des embauches et des salaires. Un partage à pile ou face qui dépendra largement de la capacité de chacun à monter en compétences.

Le Forum économique mondial tempère : et si l’IA créait plus qu’elle ne détruit ?

Face à ces prévisions vertigineuses, le Forum économique mondial apporte une lecture plus nuancée. Dans son rapport Future of Jobs 2025, l’institution de Davos anticipe une transformation touchant 22 % des emplois mondiaux d’ici 2030, avec un solde final étonnamment positif. Concrètement, 170 millions de postes devraient être créés, contre 92 millions supprimés, soit une augmentation nette de 78 millions d’emplois à l’échelle de la planète.

Les métiers en plus forte croissance en proportion restent, sans surprise, liés à la donnée, à la finance technologique et à l’intelligence artificielle elle-même, ainsi qu’aux énergies renouvelables. Mais en volume absolu, ce sont des métiers de terrain qui progressent le plus :

  • ouvriers agricoles et personnel de récolte
  • chauffeurs livreurs et professionnels de la logistique
  • ouvriers du bâtiment et de la construction
  • personnel de vente et métiers du soin à la personne
  • enseignants et professionnels de l’éducation

À l’inverse, plusieurs catégories de postes sont clairement identifiées comme les plus menacées par l’automatisation :

  • assistants administratifs et employés de bureau
  • caissiers et agents d’accueil
  • opérateurs de saisie de données
  • employés de la poste et du tri postal

PwC confirme sur le terrain : les compétences en IA font exploser les salaires

Encore fallait-il vérifier ces tendances avec des données d’entreprises réelles. C’est tout l’objet du Global AI Jobs Barometer 2026 de PwC, publié en juin 2026 après analyse de près d’un milliard d’offres d’emploi dans 27 pays. Le constat est sans appel : les entreprises les plus avancées dans l’adoption de l’IA ne se contentent pas de gagner en productivité, elles embauchent aussi davantage. Leur croissance des effectifs atteint 52 %, contre 36 % pour les entreprises les moins exposées, et leurs gains de productivité du travail grimpent jusqu’à 163 % depuis 2018 pour les plus performantes d’entre elles.

Autre enseignement marquant : les postes exigeant des compétences spécifiques en IA progressent près de huit fois plus vite que le marché de l’emploi dans son ensemble, avec une prime salariale moyenne de 62 % pour les collaborateurs qui les maîtrisent, un chiffre qui grimpe jusqu’à 118 % dans certains secteurs. La France, elle, n’est pas en reste : avec plus de 166 000 offres d’emploi liées à l’IA publiées en une seule année, l’Hexagone se positionne en tête des pays européens, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Pour les techniciens, intégrateurs et revendeurs indépendants du secteur télécoms, cette recomposition du marché est aussi une opportunité concrète : devenir opérateur de cartes SIM et eSIM en marque blanche permet de diversifier ses revenus sans dépendre uniquement de prestations manuelles vouées à s’automatiser.

Alors, faut-il paniquer ? Ce que ces chiffres changent vraiment pour vous

Impossible de nier la réalité : des centaines de millions de postes vont être transformés, réduits ou totalement réinventés dans les toutes prochaines années. Mais aucune des grandes institutions citées ici, ni Goldman Sachs, ni le FMI, ni le Forum économique mondial, ni PwC, ne décrit un scénario de disparition pure et simple du travail humain. Le fil conducteur qui traverse tous ces rapports est plutôt celui d’une bascule : les tâches répétitives et prévisibles reculent, tandis que le jugement, la relation client, l’expertise technique pointue et la capacité à piloter des outils d’IA prennent de la valeur.

Pour les professionnels de l’IT et des télécoms, cette lecture a une traduction concrète sur le terrain : miser sur les compétences difficilement automatisables, l’accompagnement client, l’expertise réseau, la sécurité, le déploiement d’infrastructures, tout en explorant de nouvelles sources de revenus. S’appuyer sur une plateforme opérateur déjà rodée, plutôt que de tout reconstruire seul, permet justement de transformer cette période d’incertitude en avantage concurrentiel.

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