L’eSIM en France : vers la fin définitive de la carte SIM plastique d’ici 2027 ?
En partenariat avec Bisatel Telecom et Kiwezo
Depuis septembre 2025, Apple commercialise en France l’iPhone 17 Air, premier smartphone vendu sans tiroir de carte SIM physique en Europe. En parallèle, les connexions eSIM mondiales ont doublé en un an pour atteindre 598 millions en 2024, selon GSMA Intelligence. Avec 271 modèles d’appareils compatibles, 440 opérateurs mobilisés dans 123 pays et un marché estimé à 11,29 milliards de dollars en 2025, la question n’est plus de savoir si la carte SIM plastique disparaîtra, mais quand.

L’iPhone 17 Air : le signal d’Apple pour l’Europe
Le basculement a un nom : iPhone 17 Air. Lancé à la rentrée 2025, ce modèle est le premier iPhone dépourvu de tiroir SIM vendu en dehors des États-Unis. En France, en Allemagne, au Royaume-Uni et sur la quasi-totalité des marchés européens, le smartphone ne fonctionne plus qu’avec une eSIM. Seule la Chine conserve la prise en charge de la carte physique pour des raisons réglementaires.
Apple n’en est pas à son coup d’essai. Dès 2018, l’iPhone XS intégrait l’eSIM en complément du tiroir physique. En 2022, la gamme iPhone 14 vendue aux États-Unis supprimait définitivement ce tiroir. Mais l’extension à l’Europe marque un tournant industriel. Selon MacRumors, les centres de revente agréés Apple ont reçu l’instruction de former leurs équipes à la prise en charge exclusive de l’eSIM avant le 5 septembre 2025, quelques jours avant le lancement.
Samsung, Google et Xiaomi suivent la même trajectoire. Les Galaxy S25, Pixel 9 et Xiaomi 14 intègrent tous la compatibilité eSIM. Selon le cabinet Mordor Intelligence, deux grands fabricants OEM prévoient de commercialiser des modèles exclusivement eSIM dès 2027.
Des chiffres qui ne laissent plus de place au doute
L’accélération est mesurable. D’après GSMA Intelligence, les connexions smartphone eSIM sont passées de 310 millions en 2023 à 598 millions en 2024, soit un quasi-doublement en douze mois. La prévision pour 2025 dépasse le milliard de connexions actives. Le scénario de référence GSMA anticipe 6,7 milliards de connexions eSIM en 2030, représentant 76 % du total mondial des connexions smartphone.
Le seuil symbolique des 50 % de smartphones connectés via eSIM devrait être franchi autour de 2028. Selon ABI Research, l’année 2025 a enregistré l’expédition de 403 millions d’appareils grand public et 140 millions de modules IoT compatibles eSIM — un record absolu.
Côté marché, les estimations convergent. Mordor Intelligence évalue le marché mondial de l’eSIM à 11,29 milliards de dollars en 2025, avec une projection à 21,91 milliards en 2030 (taux de croissance annuel de 14,18 %). Juniper Research projette 16,3 milliards de dollars dès 2027. La Trusted Connectivity Alliance confirme l’expédition de plus de 500 millions de puces eSIM en 2024.
La France : opérateurs historiques prêts, MVNO en retard
En France, les quatre opérateurs historiques — Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free — proposent l’activation par eSIM. Leurs marques numériques respectives (Sosh, RED by SFR, B&You) sont également compatibles. L’activation s’effectue par QR code, via l’application de l’opérateur ou, sur les derniers modèles Apple, par téléchargement automatique sans code à scanner. La conversion d’une carte SIM physique vers une eSIM est généralement gratuite chez les opérateurs historiques.
Mais un retard persiste chez les opérateurs virtuels. Selon le comparateur MonPetitForfait, la plupart des MVNO ne proposent pas encore de forfaits eSIM en France. Or, avec la multiplication des smartphones eSIM-only, ce retard se transforme en handicap concurrentiel direct : un MVNO incapable de fournir une eSIM perd l’accès aux utilisateurs d’iPhone 17 Air et, bientôt, à une part croissante du marché Android.
Le site MyBestSim anticipe une généralisation de l’eSIM en France « d’ici 2026-2027 », portée par la démocratisation de la technologie vers les gammes d’appareils intermédiaires.
La notoriété progresse, mais reste inégale
Le principal frein à l’adoption n’est pas technique. Il est cognitif. Selon G+D (Giesecke+Devrient), seuls 36 % des propriétaires de smartphones dans le monde connaissent le terme « eSIM ». Mais la tendance évolue rapidement.
D’après les données CCS Insight publiées en février 2026, la notoriété de l’eSIM atteint désormais 75 % au Royaume-Uni, 48 % en Allemagne, 44 % aux États-Unis et 35 % en Espagne. Kester Mann, directeur chez CCS Insight, estime qu’« il ne faudra pas longtemps avant que l’eSIM ne devienne la norme pour souscrire à un service mobile ». Les experts de NTT Transatel (filiale d’Ubigi) confirment que le déploiement de smartphones eSIM-only en Europe représente le principal accélérateur de la prise de conscience des consommateurs.
Le voyage international joue également un rôle de déclencheur. Selon GSMA, 51 % des utilisateurs d’eSIM l’ont découverte lors d’un déplacement à l’étranger. Environ 15 % de la connectivité en voyage passe désormais par des eSIM. Airalo, leader mondial de l’eSIM de voyage, a levé 220 millions de dollars en juillet 2025, atteignant le statut de licorne.
Bisatel : l’eSIM clé en main pour les MVNO de demain
C’est dans ce contexte que Bisatel Telecom — spécialiste MVNE (Mobile Virtual Network Enabler) depuis plus de vingt ans — apporte une réponse opérationnelle aux opérateurs virtuels qui veulent combler leur retard. Le fournisseur propose une infrastructure en marque blanche intégrant la fabrication de cartes SIM, l’activation d’eSIM, la génération de QR codes personnalisés et la plateforme complète de gestion client.
Pour un entrepreneur qui crée son opérateur mobile via Bisatel — en France, en Afrique de l’Ouest ou en Europe —, le passage à l’eSIM ne nécessite aucun investissement technique propre. L’eSIM est produite et activée depuis la plateforme cloud de Bisatel. L’opérateur virtuel conserve la maîtrise de sa marque, de sa tarification et de sa relation client.
NTT Transatel souligne d’ailleurs que les MVNO sont « particulièrement bien placés pour favoriser l’adoption de l’eSIM », notamment en créant des offres 100 % digitales, des forfaits modulaires ou des eSIM de voyage. La flexibilité de la technologie permet de lancer un opérateur entièrement dématérialisé, sans logistique de cartes plastiques, sans réseau de boutiques physiques.
Sécurité, écologie, flexibilité : le triptyque de l’eSIM
L’eSIM répond à trois exigences convergentes. En matière de sécurité, la puce embarquée ne peut être retirée physiquement de l’appareil. En cas de vol, le profil opérateur reste protégé et le terminal traçable. Le risque de SIM swapping — technique de fraude consistant à cloner une carte SIM pour détourner des comptes bancaires ou des authentifications à deux facteurs — est considérablement réduit.
Sur le plan environnemental, la suppression de la carte plastique élimine la production de millions de supports PVC, leurs emballages, leur transport logistique et les déchets associés. STMicroelectronics, qui détient 90 % du marché mondial des semi-conducteurs eSIM avec sa puce ST33 (plus d’un milliard d’unités expédiées), souligne que la miniaturisation des composants réduit l’empreinte carbone de chaque connexion mobile.
La flexibilité d’usage constitue l’argument le plus immédiatement perceptible. Un iPhone compatible peut stocker jusqu’à huit profils eSIM et en activer deux simultanément. Changer d’opérateur, ajouter un forfait local en voyage, séparer une ligne personnelle et professionnelle : tout se gère depuis les réglages du smartphone, en quelques minutes, sans déplacement en boutique.
Les freins qui subsistent
Malgré ces avantages, des obstacles demeurent. Le transfert d’un profil eSIM vers un autre terminal reste plus complexe qu’un simple déplacement de carte physique, en particulier lors d’un changement de système d’exploitation (Android vers iOS ou inversement). Apple a simplifié le processus avec le « transfert rapide eSIM » sous iOS 18.4, mais l’interopérabilité inter-marques reste imparfaite.
Par ailleurs, la dépendance aux procédures opérateur peut créer de la friction. Si un smartphone tombe en panne, l’utilisateur ne peut pas simplement transférer sa carte SIM dans un terminal de dépannage. Il doit contacter son opérateur pour obtenir un nouveau profil eSIM — un processus qui peut prendre du temps.
Enfin, le cadre réglementaire français impose l’identification des utilisateurs, même pour les services prépayés. Cette exigence, conforme au RGPD, garantit la sécurité mais ajoute une étape dans le parcours d’activation, surtout pour les opérateurs internationaux.
L’iSIM et la convergence avec l’IoT : la génération d’après
Au-delà de l’eSIM, une évolution plus radicale se profile : l’iSIM (integrated SIM). Contrairement à l’eSIM — puce séparée soudée à la carte mère —, l’iSIM intègre les fonctions d’identité SIM directement dans le processeur principal de l’appareil. Cette intégration réduit l’espace nécessaire, la consommation d’énergie et le coût unitaire.
Le segment IoT (Internet des objets) amplifie cette dynamique. Les modules M2M/IoT représentent le segment à la croissance la plus rapide du marché eSIM, avec un taux annuel de 28,2 % selon Mordor Intelligence. Montres connectées, véhicules, compteurs intelligents, capteurs industriels : tous ces équipements nécessitent une connectivité embarquée que seule l’eSIM ou l’iSIM peut fournir à l’échelle. Selon le cabinet Kaleido Intelligence, plus de 630 millions d’appareils seront compatibles iSIM en 2027.
Pour les opérateurs qui s’appuient sur l’infrastructure Bisatel, cette convergence ouvre un champ commercial considérable : offrir de la connectivité non seulement aux smartphones, mais aussi aux objets connectés, aux flottes de véhicules ou aux équipements industriels.
2027 : le point de bascule pour la France
Plusieurs signaux convergent vers un basculement autour de 2027. Les projections GSMA situent le franchissement du seuil des 50 % de smartphones eSIM-actifs à l’horizon 2028. Deux fabricants majeurs prévoient de supprimer le tiroir SIM physique de l’ensemble de leurs gammes. La démocratisation de l’eSIM vers les smartphones milieu de gamme — plus de 60 modèles compatibles lancés au seul premier semestre 2025 — accélère la pénétration dans des segments de marché jusqu’ici épargnés.
La carte SIM plastique ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Des centaines de millions de terminaux en circulation en dépendent encore, et les marchés émergents restent attachés au prépayé physique. Mais en France, la transition est engagée et irréversible. Les opérateurs — historiques comme virtuels — qui n’auront pas intégré l’eSIM à leur offre d’ici 2027 risquent de se retrouver exclus d’un écosystème qui ne les attendra pas.
Sources :
- GSMA Intelligence, « eSIM: Market Progress, Consumer Behaviour and Adoption to 2030 » (2025)
- GSMA Intelligence, données 2024 : 271 appareils compatibles, 123 pays, 440+ opérateurs
- Mordor Intelligence, « Embedded SIM Market Size, Growth, Trends 2025-2030 » (juin 2025)
- ABI Research, expéditions eSIM 2025 : 403 M appareils grand public, 140 M IoT
- CCS Insight / Services Mobiles, « L’adoption des utilisateurs d’eSIM connaît une nette accélération » (février 2026)
- Trusted Connectivity Alliance, expéditions 500 M+ eSIM en 2024
- Juniper Research / Statista, « eSIM Market Size Worldwide 2023-2027 »
- NTT Transatel, « eSIM : un tournant décisif en 2025 et au-delà » (janvier 2025)
- Kaleido Intelligence, « eSIM Connections to Exceed 4.5 Billion in 2027 »
- Sim Local, « Apple annonce l’iPhone 17 Air uniquement eSIM dans le monde entier » (2025)
- Le Claireur / Fnac, « Apple : avec les nouveaux iPhone, adieu la carte SIM ? » (septembre 2025)
- Cellesim, « 75+ eSIM Statistics 2026 » (février 2026)










